Gabriel FAURÉ
Mélodies
2001 Cypres - CYP1627

Piano : Claude LAVOIX

Car nous voulons la nuance encor
Pas la couleur, rien que la nuance!
Oh! La nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor!



Paul Verlaine

Le chemin commun de Verlaine et Fauré s'arrêtera sur un cri, plis limpide peut-être : celui de "Prison". Nous sommes en 1894 : loin de la douce nostalgie de reynaldo Hahn, de la noirceur de Déodat de Séverac, Fauré traite le texte poignant de Verlaine, écrit depuis la prison de Mons en Belgique, dans le registre d'une prière profane, grave, fervente et sobre. À l'aube de sa cinquantième année, il s'engage en tout cas dans des voies nouvelles, poursuivant une ligne déterminée, abandonnant dans ses grandes œuvres le luxe et la volupté, abordant les rivages du calm au soir de sa vie, dans la pleine conscience que jamais sa musique ne mettrait tout le ùonde d'accord, dans la prescience d'une purgatoire inévitable.

L'enregistrement présent remet en lumière les mélodies verlainnes de Fauré en les confrontant à quelqies pages célèbres des premières années, y compris "Soir" plus tardif (1894, en même temps que "Prison"). On trouve dans ces succrès des salons parisiens le charme du premier Fauré, son adaptation à Bauderaire, mais aussi sa faculté à sublimer certains textes ( Samain) et à trouver des ressources musicaless à la hauteur des Berceaux de Sully Prudhomme.

Michel STOCKHEM
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